Le e-commerce, solution d’aujourd’hui et de demain

Durant la période de confinement, le commerce en ligne a battu tous ses records au Maroc. Pour beaucoup d’entreprises, il constitue une solution pendant la crise et bien au-delà. En effet, les habitudes prises par les consommateurs marocains devraient perdurer et ouvrir de nouvelles perspectives. Parmi les options disponibles, les marketplaces offrent de nombreux atouts.

Le e-commerce, solution d’aujourd’hui et de demain

Le e-commerce, solution d’aujourd’hui et de demain

écrit le: 19 / 03 / 2018

Depuis le 20 mars 2020, début du confinement strict au sein du Royaume, de nombreux consommateurs marocains ont franchi le pas : ils commandent leurs courses sur internet pour se faire livrer et payent même parfois en ligne. Cette tendance, qui permet de respecter un maximum la distanciation sociale, était encore inenvisageable il y a quelques semaines. Défiance envers les sites de e-commerce, crainte du paiement par carte, doutes sur la livraison : tous les freins semblent levés.

« Croissance stratosphérique »

Salma Ammor, qui a cofondé GOA – Go Online Africa, une startup marocaine qui accompagne les entreprises dans le développement de leur commerce électronique, confirme le phénomène : « on connaît une croissance stratosphérique des commandes depuis le début de la crise. Sur certaines catégories, comme les produits de grande consommation, les produits d’entretien, ou l’électroménager, on constate un effet multiplicateur qui va jusqu’à 10 sur les ventes, en comparaison avec le début de l’année. »

Au contraire, les commerces traditionnels, durement touchés par le confinement, connaissent une période creuse, entraînant avec eux certaines marques qu’ils distribuent.

Repenser son modèle de distribution

En dépit du déconfinement, le retour à la normale n’est pas prévu avant de longs mois et ces entreprises doivent revoir leurs modèles de distribution pour survivre. En effet, les canaux traditionnels ne peuvent plus jouer leur rôle et il est urgent d’expérimenter de nouvelles options : commande en ligne, livraison à domicile, paiement électronique voile mobile… Là encore, les réactions ne se font pas attendre : « beaucoup de marques nous approchent, car elles perdent beaucoup de business sur le canal traditionnel qui représente historiquement la plus grande part de leur chiffre d’affaires », explique Salma Ammor.

Sites marchands et marketplaces

Pour se lancer dans le e-commerce, plusieurs possibilités s’offrent aux entreprises. Si les grandes marques peuvent facilement développer leur propre site marchand et livrer leurs clients, l’exercice est plus difficile pour les autres. En effet, les consommateurs se tournent en priorité vers les plus connues, qui leur inspirent confiance, plutôt que vers des sites en manque de notoriété, jugés plus risqués, notamment lorsqu’il s’agit de payer en ligne. Et l’expérience leur donne parfois raison : durant le confinement, plusieurs entreprises ont créé des sites marchands en urgence, sans avoir la capacité de gérer l’afflux de clients ni la logistique nécessaire. Attention à ne pas décevoir !

Pour pallier ces difficultés, les marketplaces proposent aux marques de vendre directement sur leur site, gérant pour elles les commandes, paiements et livraisons. Développée sur le modèle de Amazon, la plateforme Jumia accueille par exemple 3 000 vendeurs et 300 000 produits, disponibles au Maroc. Chaque entreprise doit donc réfléchir au modèle qui lui convient le mieux.

Adapter sa stratégie au digital

D’après Salma Ammor, « la stratégie e-commerce sera différente en fonction de la taille de l’entreprise, de sa présence sur le marché, de la catégorie de produits qu’elle propose, du positionnement prix et de sa clientèle cible. Ainsi, une marketplace, avec des millions de produits disponibles, attirera plus de clients potentiels pour certaines marques. »

Malgré l’urgence, il est important d’étudier chaque volet de ce nouveau modèle : mise à jour des stocks en temps réel, processus de livraison, relation client, marketing… « Les entreprises que nous accompagnons externalisent la gestion de leur e-commerce pour plus de professionnalisme et de sérénité ; nous les guidons ainsi sur des marketplaces, leurs propres sites et de plus en plus sur les réseaux sociaux qui permettent de vendre », détaille Salma Ammor.

Cette période de distanciation sociale semble donc ouvrir une nouvelle ère pour le commerce électronique au Maroc. La survie de certaines entreprises traditionnelles en dépendra peut- être, tandis qu’il devrait devenir rapidement un marché à fort potentiel pour de nombreuses jeunes sociétés optant pour le tout digital.

 

Référence : https://www.cfcim.org/magazine/76375